dimanche 2 octobre 2022

Je t'aime comme un jardin.

Je t'aime comme on se courbe le soir sur la terre.

Je t'aime comme un arbre donne des fruits malgré le gel et comme un arbre se retient d'en donner.

Je t'aime comme le vent chante la mer dans les feuillages. Comme il fait semblant.

Je t'aime comme la framboise rouge qui résiste à septembre et se donne à pleine bouche. Goût de sucre sur les lèvres. Ca granule.

Je t'aime feuilles rouges et or, flamboyantes, déployées. Je t'aime liquidambar et ginko biloba. Je t'aime gora, papillonnante. Je te lilas des indes aussi. L'heure est au cuivre.

Je t'aime comme essaie de voler la jeune pipistrelle, comme elle frôle tes cheveux le soir venu.

Je t'aime comme un muret de pierre sèche sépare et relie, comme il se fond dans les herbes.

Je t'aime comme on oublie les noms des fleurs et des arbres, comme on les a appris souvent, qu'on les oublie.

Je t'aime comme on regarde le ciel à travers les branchages, comme on lit, comme on rêve, comme on dort. Je t'aime comme on s'arrête.

Je t'aime comme on entoure de filets les fruits gorgés de sucre des vergers, je t'aime comme on échoue à les protéger des désirs des oiseaux.

Je t'aime comme un hérisson le soir venu  arpente le jardin avant de retourner se  cacher sous les bois morts, je t'aime comme il danse au printemps.

Je t'aime parfaitement. Comme cette table et ces chaises sous la frondaison du cerisier. Comme je les ai grattées de leur rouille et repeintes.

Je t’aime comme ce nichoir où rien ne vient nicher et dont je caresse le contour.






 

Je te CERFAiserai tout ça et que ça saute ! On demande le  G-456 poste 3. Je répète. On demande le... Non je ne répète pas. On ne répète pas. On n'a pas que ça à faire. De toutes façons, je ne réponds aux questions sur les parkings que l'après-midi. Et pour la p'tite dame, ce sera quoi ? Non là tu confonds, on est au marché. Pas de p'tite dame ici. Ou alors à l'ombre claire des lampes de bureau. Derrière le guichet. Remplissez d'abord le bordereau. Vous n'avez pas reçu le récépissé Monsieur, c’est impossible. Pour le recevoir, composez le 2. Nous n'avons pas compris votre réponse. Je répète. Non je ne répète pas. On n’est pas au confessionnal ici. Poussez pas, il y en aura pour tout le monde. Avez-vous coché la case "référent" ? Voici votre arrêté, votre notification, votre refus de paiement, notre réclamation, nos usages. Je répète. Merci de confirmer que vous n'êtes pas un robot. Le temps-limite est dépassé. Votre identifiant n'est pas reconnu. Non Monsieur, la photo ne vous ressemble pas. Vous souriez. On ne sourit pas sur les photos réglementaires. Attendez, je regarde, vous êtes peut-être à la lettre F. Ou alors c’est les accents, ah , les accents ça ne passe pas à l'ére numérique.Oui nous on va s'en remettre. Mais vous êtes cent, vous êtes mille. Attendez dans la salle d'attente n° 3 s'il vous plaît. Merci de vous tenir prêts et bien peignés de préférence. Ca suivra. Je vous l'envoie ou vous venez le cherchez ? Avez-vous signé la décharge.Non non les mots, je vous les mets de côté. Ne vous inquiétez pas, je mettrai un coup de tampon !

J'ai vu je crois ton visage de chien

Ta face à peine

derrière les branchages.

Il y a si longtemps que tu ronges le même os.

Sans viande. Tu le ronges, tu le suces. Tu y reviens toujours.

La queue entre les jambes.

Je te regarde faire et je ne te vois plus.

Tu tires sur la laisse.

Tu l’exhibes même.

De quoi sont faits tes jours,

tes jours d'homme-chien.

Ils fomentent la nuit. Tu es le chien qui rôde

qui toujours essaiera de rentrer.

Je ne comprends plus tes mots. Ils se répètent. Ils mélangent. Ils s’accrochent.

Il ne reste plus rien pourtant.


dimanche 25 septembre 2022

 EN TRAVAIL


Une escapade poétique dans l'indsutrie. Oui c'est possible.
Ouvrage  réalisé avec le photographe Mauju et la comédienne Marina Bouin.

A découvrir en lien sur le site de Mauju.

EN TRAVAIL

mercredi 7 septembre 2022

jeudi 14 avril 2022

Je vous souhaite de ne pas avoir à partir. De partir si vous le souhaitez.

Je vous souhaite de lâcher les chevaux qui dedans s'emballent.

Je vous souhaite de laisser vos agacements aux poules.

Je vous souhaite de n'être obligés à rien et de ne contraindre personne.

Je vous souhaite de dire enfin. A mots justes.

Je vous souhaite des retrouvailles éclatantes même au dernier moment. 

Je vous souhaite la liberté dedans, puissante comme la mer.

Je vous souhaite de comprendre, de prendre dans vos bras. Je nous souhaite l'étreinte.

Je vous souhaite d'être rassérénants, de réconforter vos enfants et d’être rassurés dans la tempête.

Je nous souhaite de savoir que nous ne savons pas.

Je nous souhaite la concorde.

Je nous souhaite de ne pas être trop Miss France avec nos souhaits, je nous souhaite aussi de prendre la colère et les doutes, de les porter, d'en avoir plein la brouette, d'en avoir plein le dos. Et au milieu du fatras trop lourd d'être brûlés encore par ce qui est vivant.

Je vous souhaite de ne plus avoir de souhaits mais de vous réjouir de faire de la pâte à gâteaux et de voir voler les fleurs blanches des cerisiers. Je vous souhaite d'avoir un manteau à enfiler si vous claquez des dents. Et de la lumière sur vos visages.

Je vous souhaite d'ouvrir des boîtes, de réouvrir le ciel. Je vous souhaite de sortir, de laper l'air jusqu'à plus soif.

Je nous souhaite de débattre, de nous débattre, de chercher langue commune. Je souhaite que les ombres sanglantes  ne gagnent pas. Jamais. Je nous souhaite de continuer à être droits de l'hommistes. Je nous souhaite de continuer à être ensemble, à être uniques. Je nous souhaite de la fragilité. Je nous souhaite d'être légers, de ne pas peser, de clapoter au gré de l'eau, au gré du vent.

Je nous souhaite d'écrire encore à encre détachée, arrachée. Je souhaite que nos stylos soient secs. Et qu'ils écrivent encore. Parce que nos mains écrivent. Parce que c'est de la glaise.

Je vous souhaite de commencer et de ne pas finir. Je vous souhaite que cela se révèle, que les négatifs sortent de la chambre noire, que vous les trouviez beaux.

Je vous souhaite un jour de connaître la puissance renversante de la joie, de connaître le jaune à l’intérieur de vous, de ne pas l’oublier.