Etre informé par mail des nouvelles publications

samedi 22 septembre 2018

Septembre 2018, je regarde la mer. Ce n'est que le début. J'entends qu'on se tracasse et qu'on parle.
Je n'entends plus.
Septembre 2018, je me mets en grève, entre deux eaux, le repos. Même pas de s'il vous plaît qui tienne.
Je ne descends plus du ponton.
Je tricote des choses au bord du ressac. Je suis à l'abord.
Il n'est rien de plus important.
Septembre 2018, je regarde l'empreinte sur le sable gris. Je défais mes orteils un a à un. Je ne pèse plus rien. Je pèse tout.
J'aligne les coquillages. Je chapeau-chinoise, je bernique à qui mieux mieux.
Je m'assieds sur la pierre. Je n'ai plus à attendre. Tout est là.


S'il vous plait de défaire les cartons, allez-y. Un grand coup de pied dans la fourmilière. Faites attention quand même. J'ai des habitudes. Je prends mon thé  à cinq heures. Je dis merci à la cuisinière, s'il vous plait aux enfants. Et puis après je crie.
Ceci est seulement le début.
Nul champ de bataille ouvert.
Sur ce champ là, au milieu, une fleur rouge tenace.
Tu sais, je gratte la terre à mains nues.
Je regarde.
Ceci est seulement le début.
Je cherche les fleurs indigènes. Je détourne. Je prends à travers.
J'ai adoré vivre. Je dis.
Je mets ces mots dans la bouche de ma mère.
A l'abri sous la terre.
Ceci est seulement le début.


samedi 15 septembre 2018


























Quelle est la texture des murs ?

Qu'il faille pourtant commencer
de nouveau,
une nouvelle fois

Au mur, portrait de son père

Tout le monde peut lire
le découpage du texte
entre les pages
peut-être

Dans la parole l'effusion
Dans la nuit venue les textes

Que se passe-t-il entre les gens ?

Qui dit qu'on est précieux.
Comme si ca nous avait manqué.
Au fond.

_ voir page suivante _

mercredi 5 septembre 2018

Votre fille est une artiste Madame
Regadez ses yeux ombrageux,
qu'elle baisse si bien
Ne lui manque qu'un éventail
le talon rageur sur le sol.
C'est une artiste comme vous, non ?
Je suis une artiste
tu es une artiste
ma fille est une artiste
ça se voit comme le nez au milieu de la figure
la puissance vive.
On ne sait pas les fleurs
derrière les lèvres qui se taisent.
La force des volcans.

Mon père est un chaman
un paysan
un patriarche.

Qu'était votre mère Madame  ?
je mets dans des cases
je cherche les boîtes
je nettoie les étiquettes au formol.

De quoi parlons-nous ?
De ses bouquets, je me souviens de ses bouquets.
Je cherche la rage qui s'est transmise
avec la douceur.





Il y a tant  de façons de défaire, tant de façons de se tenir
droit.
Le long des murs, des corps, les mains contre les fissures.
Il y a tant de façons,
nos visages, les uns autour des autres
ce que nous sommes.
Il y a tant de façons,
de figures.
Le ciel entier ouvert
n'en dit rien.
Les arbres mêmes.
Il y a tant de façons de dire et de se taire.
Nous pourrions autour de l'écorce
sentir encore
ce qui était vivant.