Je marche sous un ciel de jours.
Je fais de mon mieux.
J'aiguise ma fatigue comme on aiguise un couteau.
Je tranche ce que je peux avec.
Je peux peu.
J'écris peu.
J'accumule les jours, plus les mots.
Il se planquent à l'abri, ils attendent leur jour.
Ils savent à quoi s'en tenir.
Ils se déballonneront plus tard. Pour l'instant, ils restent cois, il se gardent bien de moufter.
Leur silence se cogne à mon jour.
Je fais de mon mieux.
Je prends mon fils dans mes bras. Je vois son visage s'éclairer. Je reprends la bataille. La nouvelle bataille administrative. Je fatigue mais je vais l'emporter.
Je pose mon jour contre la vieillesse de mon père. Je prends soin de ses jours. Il est loin. Qui sont des jours d'encre. Nous ne savons rien.
Je partage mon jour avec l'homme qui m'aime. Je me repose dans ce halo là . Je marche le long de la rivière. Tout s'écoule.
Je regarde les jours passés depuis la mort de ma mère. Je pourrais les compter maintenant. Ils prennent de la place. Je recherche les jours de son enfance. Je les trouve, peu à peu . Comme des fenêtres qui s'ouvrent.
J'ouvre mon jour contre le cœur de ma fille. Je le tiens au chaud. J'entends nos cœurs qui battent presque à l'unisson comme au premier jour.
Je tiens nos jours, tous les jours, contre ma peau.