mardi 17 mars 2020

J2 Tisseurs - les jours dedans


Le sentier était raide,
tortueux.
Il avait fallu monter,
monter et remonter encore.
Un instant, la sente
semblait redescendre,
invitant à plus de légèreté
faisant rouler les pierres sous les pieds, mais il ne fallait pas s'y fier,
au prochain lacet,
il faudrait reprendre l'ascension.
Le soleil de midi traversait les branchages. Il allait faire chaud bientôt.

Ce qui l'inquiètait le plus à cet instant, c'était la fragilité de ses sandales.
La semaine de cuir lui brûlait les pieds à chaque pas.



Sur mon balcon, une poulette immobile.
De l'autre côté de la rambarde, un arbre aux fleurs roses, magnifique.
Je ne sais rien de la botanique,
je ne sais rien du nom de cet arbre
mais je connais son poudroiement serré.
Je sais qu'hier encore des badauds  le prenaient en photo.
Ce soir, la petite place est déserte.

Dans l'immeuble en face, une fenêtre est restée grande ouverte tout le jour.

J'ai reconnu dans l'entrebâillement l'homme qui d'habitude passe sa journée à la terrasse du bar de l'angle, nerveux, ne cessant de se lever, de s'asseoir comme possédé d'une frénésie impatiente.