mardi 7 avril 2020

Elle parlait, s’inventant des histoires, disant même qu'elle avait faim. Elle était assise là sur le bord du canal de midi et aujourd’hui elle ne me faisait pas peur. Nous avions pourtant tous faim. L'heure du loup approchait, nos ventres le savaient avant nous. Personne sous les cerisiers en fleur ne bougeait. Nous attendions la pluie libératrice. Heureusement le jour était plein. Qu'aurions nous fait la nuit à avoir peur du loup. Nous convoquions nos chiens de garde jusque dans nos lits. Nous avons tous nos nuits alors même qu'autour éclate le printemps. Nous cherchons le sommeil profond, la rivière pour esquiver.